Docteur Coulibaly Daouda, Chef du service de la surveillance épidémiologique à l’Institut National d’Hygiène Publique : « Il existe des moyens efficaces de lutte contre la grippe A (H1N1) qui sont essentiellement les méthodes de prévention de la transmission »
Publié le 23-11-2009 08:08

Docteur Coulibaly Daouda est le Chef de service de la surveillance épidémiologique à l’Institut National d’Hygiène Publique (INHP) à Abidjan. Au terme du séminaire d’information et de sensibilisation des journalistes sur la grippe A(H1N1) qui s’est tenu du 03 au 04 novembre 2009 à grand Bassam - Côte d’Ivoire, il a répondu à quelques préoccupations de www.isantenews.info.
www.isantenews.info: Quel était l’objectif de cet atelier ?
Dr Coulibaly Daouda : Cet atelier visait essentiellement trois objectifs. Le premier était de faire le tour de la question avec les journalistes, actualiser leurs connaissances sur la grippe pandémique. Deuxièmement, il s’agissait d’informer massivement et à grande échelle les journalistes sur la stratégie nationale de lutte contre la grippe pandémique en Côte d’Ivoire. Enfin, il fallait les orienter sur les méthodes de communication lors des flambées épidémiques.
www.isantenews.info: La grippe A(H1N1) est- elle une maladie respiratoire hautement contagieuse ?
Dr Coulibaly Daouda : C’est exact. Elle est une maladie infectieuse, hautement contagieuse, transmissible. C’est d’ailleurs pourquoi elle est à l’origine d’une pandémie. On dénombre à l’échelle mondiale plus de 400.000 cas avec plus de 5000 décès. En Afrique, on a franchi déjà la barre des 60 décès. En Côte d’Ivoire, nous sommes à trois cas importés et zéro décès. Mais ce qu’il faut retenir est que la menace est réelle. Il existe des moyens efficaces de lutte contre cette maladie qui sont essentiellement les méthodes de prévention de la transmission. Il s’agit de se laver les mains, de faire l’hygiène de la toux (tousser dans un mouchoir). Et lorsque vous vous sentez malade, il faut rester à la maison, ne pas embrasser quelqu’un et attendre la période de guérison avant de reprendre le travail. Il faut aussi informer votre ami ou collègue de service de votre état de santé afin de ne pas le contaminer.
www.isantenews.info: Il y a un élément qui demeure c’est le masque de protection. Cela est-il effectif en Côte d’Ivoire ?
Dr Coulibaly Daouda : Non, le masque de protection n’est pas d’usage habituel. C’est lorsque vous êtes dans une situation critique, lorsque vous avez un foyer de grippe avec plusieurs personnes qui sont touchées par la maladie, qu’on est obligé de mettre les sujets sous masque de protection. Mais il n’y a pas d’attroupement massif. Pour l’heure en Côte d’Ivoire, on n’est pas à cette situation. Nous avons eu des cas isolés. Mais je peux vous rassurer que ces personnes là ont été mises sous masques de protection parce qu’il faut faire en sorte que les personnes malades ne puissent pas contaminer d’autres. Nous avons sensibilisé l’entourage et il n y a pas eu de cas secondaire en dehors des autres cas que nous avons eus. www.isantenews.info: Dans le cas de la grippe saisonnière que nous connaissons, est ce qu’il faut isoler le malade ?
Dr Coulibaly Daouda : La grippe saisonnière est également contagieuse et c’est quasiment les mêmes mesures de protection.
www.isantenews.info: Qu’est ce que l’Institut National d’Hygiène Publique fait concrètement face à cette pandémie ?
Dr Coulibaly Daouda : C’est le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique qui a des axes stratégiques de lutte. Et ces axes stratégiques de lutte tournent essentiellement autour de la surveillance épidémiologique. D’abord au niveau des frontières, donc à l’aéroport, ensuite au niveau des établissements de soins pour pouvoir détecter rapidement les cas. Vous convenez avec moi que les trois cas que nous avons détectés sont passés par notre réseau de surveillance (ndlr : le réseau de l’INHP). Cela veut dire que notre dispositif de surveillance marche très bien.
Deuxièmement nous nous sommes préparés pour prendre en charge les éventuels cas. Jusqu’à ce jour, les trois cas qui ont été détectés ont fait l’objet d’une prise en charge correcte. Ils se portent bien et il n’ y a pas eu d’inquiétude majeure ; les sujets sont rétablis. Ce que nous attendons des journalistes, c’est de nous aider à communiquer, à sensibiliser la population. Nous souhaitons que vous vous associez à nous pour former un grand réseau de sensibilisation de la communauté sur les mesures de prévention de la transmission de la maladie. Il s’agit de mesures simples et efficaces : Se laver les mains, tousser dans un mouchoir…
Interview réalisée par Honorine Yao Honorineyao80@yaoo.fr
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